mercredi 26 septembre 2012
Des nouvelles de quelqu'un que le Québec aime: Cédrika
J'ai des nouvelles de Cédrika. On se souviendra que j'ai déjà écrit à propos de meubles et d'objets, dans mon appartement, que je n'ai plus, soit dit en passant, pas l'appartement, mais les objets en question; des objets, donc, que je soupçonnais provenir d'un lieu, j'avais des indices, bref, de la présence de Cédrika dans notre quartier.
Cédrika a été enlevée à l'âge de neuf ans à Trois-Rivières, mais je commençais à me douter qu'elle était maintenant plutôt à Québec. J'en ai parlé aux autorités, j'ai fait ce qu'il fallait; j'ai aussi cru reconnaître, à cause d'un comportement qui me semblait douteux, le ravisseur; et depuis cette époque-là, depuis il y a près de deux ans, j'ai observé.
Lui a remarqué que je l'observais, justement, et il s'est mis à me tourner autour, avec son auto. Je n'aimais pas bien ça. Je ne tenais pas tellement à entrer en contact. Enfin, il s'est passé des mois, et puis mon idée à ce propos a changé; j'ai deviné que s'il me suivait ce n'était peut-être pas pour lui, mais pour Cédrika.
Il se promenait avec une auto aux vitres teintées, cela aussi je l'ai dit à la police, et même une fois alors qu'il était arrêté un peu plus loin quelqu'un a entrouvert la porte de l'auto. Porte qu'il s'est empressé de refermer, après un coup d'oeil en arrière... Je ne savais pas où il restait, mais me doutais que ça devait être soit sur ma rue soit sur une rue voisine.
J'ai fait deux broncho-pneumonies, une l'an passé et une cette année dont je sors à peine, et je pense que c'est à cause de cette histoire, du stress que m'occasionnait cette situation. Elle je l'ai vue, une fois ou deux, elle a essayé en effet de se sauver; une fois dans l'autobus en pyjama... Il semble qu'il lui enlevait ses vêtements, parce qu'il ne voulait pas justement qu'elle se sauve.
Et je l'ai vue, il y a peut-être trois mois, deux ou trois mois, elle avait grandi; elle est costaude, aussi. J'avais remarqué en lisant l'affiche concernant sa disparition qu'elle était grande: à neuf ans elle était plus grande que moi, qui ne suis pourtant pas une naine (petite, oui, bien sûr). Elle n'est plus confinée, elle est dans un endroit sécuritaire.
Je pense qu'elle a contacté ses parents, mais elle est peut-être pourtant toujours à cet endroit. Je les ai appelés, moi (quand elle est arrivée là), je leur ai dit de ne pas avoir peur, que c'est une bonne fille, studieuse. Que d'après moi il fallait surtout être patients avec elle. Et ce midi j'ai vu une fille qui a dit que les autres lui faisaient la vie difficile, et qu'elle l'avait prise sous son aile. La fille était assise en face de moi; je n'ai rien dit, elle parlait avec son voisin d'à côté.
Un peu plus d'une heure après cet épisode j'étais assise devant un café et tout à coup j'ai réalisé: j'ai eu des nouvelles de Cédrika, de vraies nouvelles, de la part de quelqu'un qui la côtoie, qui lui parle tous les jours. Et ça m'a émue.
Alors, je ne sais pas, vous, mais j'ai pensé écrire un mot à ce propos, j'ai pensé que ça vous ferait plaisir.
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire